Besoin d’un psy ? Comment le choisir
12 mar, 2008 | Catégorie : Conseils santé bien-êtreMal-être, anxiété, dépression : et si vous en parliez à votre médecin traitant ? Son rôle est aussi de vous aider à y voir plus clair dans ces « troubles de l’âme ». Il vous orientera peut-être vers un professionnel spécialisé. Mais il n’est pas toujours simple pour un néophyte de s’y retrouver dans le petit monde des psys ! Ces quelques définitions devraient vous guider.
Votre médecin traitant
Lui, vous le connaissez et il vous connaît ! Mais vous pensez peut-être qu’il ne peut que prendre en charge vos maux physiques. Or, il est aussi compétent pour diagnostiquer un problème de santé mentale et vous proposer un traitement. Il pourra, le cas échéant, vous orienter vers un spécialiste : psychiatre, psychologue, psychanalyste… De toute façon, pour bénéficier du taux optimal de remboursement de la Sécurité sociale, il faut d’abord consulter son médecin traitant. Seuls les moins de 26 ans peuvent consulter directement un psychiatre.
Le psychiatre
Le psychiatre est un médecin qui, après ses études de médecine, a suivi un enseignement spécifique de quatre ans sur les maladies mentales. Il est habilité à prescrire des médicaments, examens ou soins et à rédiger des certificats médicaux. Il peut aussi vous proposer une psychothérapie. Il la conduira lui-même ou vous orientera vers un autre professionnel, comme un psychologue. La consultation dure environ 30 minutes et comporte toujours un échange verbal approfondi. Elle peut être accompagnée d’une prescription.
Le psychologue
Il a effectué cinq années de psychologie à l’université et possède un diplôme de 3e cycle (DEA, DESS ou master). Il est habilité à réaliser un bilan de personnalité à l’aide de tests et d’un questionnaire approfondi. Il mène des entretiens cliniques et peut aussi prendre en charge des psychothérapies. N’étant pas médecin, il ne peut pas prescrire de médicaments et les séances ne sont remboursées par l’assurance maladie que dans les établissements publics : centres médicopsychologiques, hôpitaux de jour, centres d’accueil et de crise.
Le psychanalyste
Le psychanalyste est souvent psychiatre ou psychologue, mais il n’existe pas de diplôme d’Etat reconnu. Son parcours professionnel, qui dure plusieurs années, comporte trois composantes : une formation à la théorie analytique dans le cadre d’une association spécialisée, le suivi de sa propre analyse et, enfin, la supervision de sa pratique par un « contrôleur », lui-même analyste.
La psychanalyse peut se définir comme une « cure de parole » se pratiquant uniquement en relation individuelle. La personne explore son inconscient avec l’aide du thérapeute. L’objectif est de retrouver les expériences infantiles négatives et de comprendre leur influence sur la vie du patient. Une psychanalyse dure entre trois et dix ans, à raison d’une ou deux séances par semaine. Fixé par le psychanalyste en accord avec son patient, le prix des séances n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.
Le psychothérapeute
Jusqu’à la loi du 9 août 2004, n’importe qui pouvait se prétendre « psychothérapeute ». Désormais, ce titre est réservé aux professionnels ayant suivi une formation en psychopathologie et figurant sur un registre national. Psychiatres, psychologues et psychanalystes y sont inscrits de droit. Il n’existe pas de diplôme d’Etat, mais les psychothérapeutes sérieux sont diplômés d’écoles reconnues dépendant d’associations professionnelles dont ils appliquent les méthodes.
La psychothérapie vise à atténuer la souffrance psychique pour vivre plus sereinement. Elle emprunte la voie de la parole (thérapies verbales) ou celle du corps (thérapies psychocorporelles). Elle s’adresse à une personne, un couple, une famille ou un groupe. Elle dure de trois mois à trois ans, à raison d’une séance par semaine. La consultation n’est pas remboursée par la Sécurité sociale.
Un psychothérapeute, nous apporte quelques précisions :
« La loi du 9 août 2004, dite loi Accoyer (visant à réglementer la profession de psychothérapeute, N.D.L.R.), n’a jamais été mise en application. [...] Le projet a été abandonné compte tenu de la difficulté de sa mise en place et de la levée de bouclier des professionnels concernés. En conséquence le « registre national » dont vous parlez n’existe pas (à ce jour en effet, aucun décret d’application n’est paru, N.D.L.R). Il n’existe donc à ce jour aucun cadre légal encadrant notre profession. […] Quant à la formation des psychothérapeutes, il manque à votre article le « parcours didactique » : cursus d’analyse personnel suffisamment long, travail en groupes de lecture, supervision de la pratique, sans compter un éventuel passage à l’université ou dans des écoles d’éducateurs qui donnent des bases de départ en psychopathologie. »
Remarques
Avant de consulter un psychanalyste ou un psychothérapeute, renseignez-vous auprès de votre médecin sur ses références, ses qualifications et les règles de déontologie de sa profession. Evitez de le payer en liquide.
Coralie : « Comme un puzzle… »
« Lors de notre première rencontre avec ma psychologue, je n’avais rien à dire, explique Coralie, 51 ans, assistante dans une agence immobilière, qui souffre d’un mal-être depuis plusieurs années. J’ai trouvé que la consultation était chère, surtout à cause de ce silence ! Lors des séances suivantes, j’ai réussi à lui exprimer mes pensées. De plus en plus nombreux, mes rêves étaient en rapport avec le travail qui s’effectuait. Comme un puzzle, ils apportaient une réponse ou un éclaircissement à des situations bien précises. » Après quelques mois, si Coralie n’a pas encore résolu tous ses problèmes, elle sent qu’elle progresse. Elle n’a pas envie d’arrêter ses consultations.
Auteur : Nadine Allain
