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Dépression : des associations pour vous aider

27 mar, 2008 | Catégorie : Conseils santé bien-être

En privilégiant la parole et la communication entre patients dépressifs, les associations aident à rompre la solitude. Les malades y trouvent une chaleur humaine qui complète utilement leur traitement médical. Seul bémol : les dépressifs sont une proie facile pour les mouvements sectaires. La vigilance est donc de mise.

« Un trou noir de deux ans. » C’est l’image que conserve Irène de sa dépression survenue il y a une dizaine d’années. Cette élégante femme brune de 58 ans, cadre comptable en préretraite, a encore les larmes aux yeux en l’évoquant. « Et puis un jour, raconte-t-elle, j’ai demandé à mon psychiatre ce que je pouvais faire pour m’en sortir plus vite. Il m’a conseillé d’aller voir France dépression. » Aujourd’hui bénévole dans cette association, elle anime des groupes de parole.

Lieu d’échanges entre les patients, leurs proches et des professionnels de santé, France dépression est agréée par le ministère de la Santé pour représenter les usagers, notamment dans les hôpitaux. « Nous ne remplaçons pas l’aide médicale. Notre premier objectif est le soutien et l’information des malades. Nous intervenons essentiellement en organisant des groupes de parole », explique Stéphanie Wooley, présidente d’honneur de l’association.

S’exprimer sans tabou en parfaite confidentialité

Destinés aux patients et à leurs proches, ces groupes réunissent huit à dix personnes et sont animés par un ancien patient ou un parent de malade. «J’y ai trouvé comme la chaleur d’une grande famille, témoigne Anne-Marie, habituée des réunions de France dépression. Parler avec d’autres patients fait beaucoup de bien. Nous pouvons nous exprimer sans tabou dans une parfaite confidentialité. Chacun raconte son expérience de la dépression, pose des questions aux autres. Les sujets abordés sont très variés : les différentes thérapies, les effets secondaires des médicaments, les fêtes de fin d’année… »

Les groupes de parole sont aussi au cœur de l’activité d’Argos 2001, qui s’adresse aux patients bipolaires. « Argos a été créée pour remplir un vide, celui de l’absence de prise en charge des patients en dehors de l’hôpital, indique Véronique Kowarz, la trentaine, bénévole. Il y a bien le psy, mais on va le voir ponctuellement. Après, on est lâché dans la nature… »
Argos 2001 organise des groupes de parole aux thématiques variées, animés par des bénévoles ou des patients stabilisés. La confidentialité y est totalement respectée. L’association propose aussi des ateliers : rire, peinture, informatique, yoga, théâtre, questions juridiques… Et des loisirs en commun : visites de musées gratuites, pique-niques, sorties au cinéma… En projet : un nouveau groupe pour répondre aux problèmes spécifiques des 18-25 ans.
Mais, quand on se sent très mal, on n’a pas toujours envie de sortir de chez soi. Des structures offrant des permanences téléphoniques peuvent mieux convenir. En préservant l’anonymat de l’appelant et de l’appelé, le téléphone est un moyen de s’exprimer, de demander une aide psychologique ou des informations.

Des bénévoles formés à l’écoute

« A SOS amitié, nous sommes les précurseurs de la téléphonie de santé, expose Rémi Rousseau, administrateur de l’association, jeune homme calme et souriant. Nous proposons une écoute aux appelants pour leur éviter la spirale de l’enfermement et du suicide. Les déprimés représentent 11 % des 724 000 appels reçus en 2006 par les 2 000 bénévoles formés à l’écoute par des professionnels : psychiatres, psychanalystes et psychologues. »
Que pensent les psychiatres de ces associations ? « J’envoie volontiers mes patients vers une association. Je considère qu’elles sont l’avenir de la médecine !, s’enthousiasme le Dr Patrick Lemoine, psychiatre à Lyon. Les patients croient davantage les gens qui sont “passés par là”. Il y a une solidarité entre eux. Tous les mois, des représentants de l’association Icebergs viennent voir des patients à la clinique. »

Cependant, dans son approche d’une association, le malade dépressif doit se montrer vigilant quant aux risques représentés par les sectes, pour lesquelles il représente une proie facile (voir encadré). « Quand on vous remet un prospectus, conseille le Dr Lemoine, il faut le lire à fond et vérifier qui en est le signataire. Parfois, le nom de la secte est écrit en tout petits caractères. Il faut se méfier particulièrement quand de l’argent est demandé et si le discours évoque “un monde meilleur”. »

Pour en savoir plus

Attention, respectez bien les adresses pour éviter de tomber sur un site au nom voisin mais beaucoup moins sûr !

  • Argos 2001 (association nationale avec antennes en régions)
  • Tél. : 01 69 24 22 90
  • FNAPSY (Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie)
  • Tél. : 01 43 64 85 42
  • France dépression(association nationale avec antennes en régions)
  • Tél. : 01 40 61 05 66
  • Icebergs (Lyon et sa région)
  • Tél. 04 72 40 94 86
  • SOS amitié (association reconnue d’utilité publique). Ecoute 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (45 associations présentes partout)
  • Tél. : 01 40 09 15 22

Les mots pour le dire

Anxiété
Ensemble de symptômes physiques (boule dans la gorge…) et psychiques (rumination, sensation de catastrophe imminente…) fréquents en cas de dépression.
Dépression
Etat durable de profonde détresse associant plusieurs symptômes : idées sombres, parfois suicidaires, sentiment d’inutilité… Les activités deviennent pesantes, voire impossibles, même celles que l’on aimait faire avant. Le fait de se sentir déprimé ne veut pas forcément dire que l’on souffre de dépression.
Epuisement professionnel (burn-out)
Sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail.
Tristesse
Particulièrement intense, la tristesse de la dépression n’est pas directement reliée à une cause, comme un deuil, et rien ne l’apaise. Elle se mêle d’angoisse et d’un sentiment de fatalité.
Troubles bipolaires ou maladie maniaco-dépressive
Ils se caractérisent par des cycles de durée, d’intensité et de fréquence variables où alternent des phases d’excitation excessive et de dépression sévère, souvent entrecoupées de périodes d’humeur normale.

Ne négligez pas le risque de dérive sectaire

Trois questions à Catherine Katz, secrétaire générale de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).

Comment agissent les associations sectaires ?

La manipulation psychologique d’un individu « cible » par une personne ou un groupe prend souvent la forme d’une proposition d’aide. Lors d’une première phase de séduction, il est très entouré. Puis on s’efforcera de détruire ses valeurs fondamentales afin de le reconstruire dans le nouveau dogme. Les personnes fragilisées sont naturellement des proies plus faciles.

Quels sont les critères caractéristiques d’une dérive sectaire ?

Le premier, toujours présent, est la forte emprise mentale sur l’individu afin de modifier sa personnalité. Citons aussi : des exigences financières exorbitantes, le culte du gourou, une rupture avec l’environnement familial de l’adepte, un embrigadement des enfants, d’importants démêlés judiciaires…

Comment vérifier qui est derrière une association ?

Le contenu de son site Internet donne une première indication. On peut aussi se renseigner auprès de la Miviludes et des associations de défense de victimes de dérives sectaires, des ordres et organismes professionnels (Ordre des médecins…) et du correspondant sectes de sa préfecture.

Propos recueillis par Nadine Allain

  • Unadfi (Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes des sectes).
  • Tél. : 01 44 92 35 92.
  • CCMM (Centre Contre les Manipulations Mentales)
  • Tél. : 01 44 64 02 40

Auteur : Nadine Allain
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