En famille à la montagne : prudence au sommet !
9 juin, 2009 | Catégorie : Prévention des maladiesEn montagne, les jeunes enfants n’ont pas la même résistance que les adultes. Une balade apparemment facile peut se révéler dangereuse. Pour éviter les problèmes, il faut être bien équipé, respecter des règles élémentaires de prudence et tenir compte de la météo.
Sur la route qui les mène à la montagne, les enfants atteints de rhinopharyngite déclenchent souvent des otites avant même d’arriver à destination, parce que leurs tympans ne sont pas mis en pression, explique le docteur Jean-Dominique Laporte, président de l’association Médecins de montagne. On constate le même phénomène lorsque certains enfants prennent le téléphérique. » Un séjour sur les hauteurs, surtout avec des tout-petits, nécessite un minimum de préparation et de précautions. « Pour autant, souligne le docteur Laporte, il n’y a aucune contre-indication à amener des enfants à la montagne. Il faut juste faire preuve d’un peu de bon sens. »
La commission médicale de l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme (UIAA) confirme qu’à partir de 2 ans, un enfant peut monter en altitude « sans risque d’en souffrir » jusqu’à « environ 2 500-3 000 mètres ». Entre 0 et 2 ans, l’UIAA recommande « d’éviter les ascensions non justifiées au dessus de 2 000 mètres ». À plus haute altitude, « le risque de mort subite inexpliquée du nourrisson peut être augmenté, tout comme le risque de mal des montagnes ». « Un enfant est toujours plus fragile qu’un adulte, prévient le docteur Laporte. Il se fatigue plus vite, se montre plus vulnérable au froid et à la déshydratation. Ce sont des paramètres dont il faut tenir compte avant de programmer une balade. »

Se renseigner avant de partir
Avant toute chose, il convient donc d’être réaliste. Un bout de chou de 3 ans ne pourra pas supporter sept heures de randonnée. Il faut adapter le parcours à l’âge de l’enfant et à sa condition physique. Il est indispensable de se renseigner l’itinéraire, le temps marche, le dénivelé et… la météo. Autant d’informations qui pourront être obtenues dans les offices de tourisme et dans les bureaux des guides de montagne.
Il convient aussi d’accorder une attention particulière à l’équipement du jeune montagnard : de bonnes chaussures, des vêtements adaptés sont nécessaires. « Si l’enfant est très jeune, il faut éviter le transport dans des porte-bébés par temps froid ou lorsque le tout-petit dort profondément : la circulation du sang dans les membres inférieurs peut être comprimée », conseille Jean-Dominique Laporte.
Pour tous, il faut prévoir des habits chauds et une tenue imperméable : même en plein été et même si le soleil brille, le temps change très vite sur les hauteurs. Un chapeau ou une casquette, des lunettes teintées et une crème solaire à indice de protection élevé (supérieur à 25) sont également de rigueur. « Les parents veilleront à ce que les réserves d’eau soient suffisantes et les repas assez copieux, en gardant à l’esprit que les enfants boivent beaucoup et brûlent énormément de calories sur les sentiers », complète le docteur Laporte.
Ne partez pas sans trousse de secours !
Pas de balade en montagne, même courte, sans trousse de secours. « Elle est aussi indispensable que la gourde d’eau fraîche et le repas de midi, tranche le docteur Jean-Dominique Laporte. Suivant l’état du malade ou du blessé, cette trousse doit permettre de dispenser les premiers soins et, dans les cas les plus graves, d’attendre l’arrivée des secours professionnels dans de bonnes conditions.»
Le « minimum recommandé » par les secouristes :
- une couverture de survie,
- une bande élastique 10 x 15 cm,
- un rouleau de sparadrap,
- deux bandes triangulaires permettant de réaliser des écharpes en cas de traumatisme
des membres supérieurs, - une paire de gants en latex,
- une paire de ciseaux,
- trois bandes de gaze 6 x 4 cm,
- quatre compresses 10 x 10 cm.
Les guides de montagne conseillent d’ajouter des pansements type Compeed® en cas d’ampoule et une pompe Aspivenin® en cas de piqûre ou de morsure venimeuse. Enfin, une formation aux premiers secours, permettant notamment de pratiquer le massage cardiaque, est fortement recommandée aux adeptes de la randonnée.
Auteur : Cedric Portal
